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la Déclaration universelle des droits de l'Homme Ce sont des principes qui définissent les droits que chaque être humain détient du seul fait d'être un être humain. Certains diront qu'il s'agit de droits naturels, c'est-à-dire qu'ils ont pour seul fondement d'être inhérents à la nature humaine. Les droits de l'Homme sont dès lors universels, identiques pour tous et inaliénables. Ils sont l'apanage universel de tous les êtres humains sans exception… ils leurs collent à la peau. Ce ne sont pas des droits positifs, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas juridiquement contraignants (ils ne font pas partie de l'arsenal législatif), cependant, ils doivent former un soubassement au droit positif et contraignant. Les principes des droits de l'Homme ont fait l'objet d'une Déclaration universelle adoptée le 10 décembre 1948 lors de l'Assemblée générale des Nations unies. Ils sont « comme un idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction. » (Préambule de la Déclaration universelles de 1948) Si les droits de l'Homme ont une prétention à l'universalité, par contre, les pouvoirs politiques sont insitués, eux, par les Etats. Ces Etats, dès lors, doivent placer ces droits comme fondements de leurs constitutions et continuent de faire l'objet d'un travail d'éducation.   CRISE SENEGALAISE EN CASAMANCElundi 26 mars 2012 CRISE SÉNÉGALAISE EN CASAMANCE » : Saliou Sambou encourage l'implication des chefs religieux Face à la presse hier, M. Saliou Sambou a plaidé pour une implication significative des chefs religieux dans la recherche de la paix en Casamance. Il soutient que le binôme culture et religion pourrait permettre aux acteurs de trouver une solution rapide à ce conflit. L'ancien gouverneur de la région de Dakar et acteur dans la recherche de la paix en Casamance, Saliou Sambou, a plaidé en faveur d'une implication de tous les chefs religieux pour la résolution de la « crise sénégalaise en Casamance ». « Je dois préciser qu'il s'agit d'une crise sénégalaise en Casamance et non une crise casamançaise. Il faut que les gens comprennent que la Casamance est la région la plus sénégalaise du Sénégal où toutes les ethnies vivent en parfaite harmonie. Par conséquent, nous souhaitons que l'accent soit mis, dans la recherche de la paix, sur deux leviers fondamentaux : la culture et surtout la religion », a-t-il expliqué hier, au cours d'une conférence de presse à Dakar. Le conférencier a indiqué que ce n'est pas un « monsieur Casamance » qui trouvera une solution à cette crise qui perdure depuis plus de deux décennies. Il a invité tous les acteurs impliqués dans la recherche de la paix à s'attaquer aux causes de la crise et non aux conséquences. A ce propos, Saliou Sambou a salué le travail du Congad qui a rencontré tous les chefs religieux pour les inviter à s'impliquer dans la recherche de la paix en Casamance. Ainsi, il s'est félicité des déclarations du khalife général des mourides lors du magal et du cardinal Sarr à la veille du nouvel an et s'attend à une déclaration du khalife général des Tidjanes à l'occasion du prochain gamou à Tivaouane. « Nous sommes, a-t-il dit, tous religieux et aimons la culture. Je demeure convaincu que dans un élan de solidarité bien réfléchi et coordonné, si nous agissons sur le binôme culture et religion, la crise sera bientôt un mauvais souvenir ». M. Sambou a fait savoir que si les autres crises, dans la sous-région, s'éteignent avant cette crise casamançaise, tous les mercenaires de guerre risquent de venir renforcer les rebelles du maquis en Casamance. « Ce qui va envenimer davantage la situation. C'est pourquoi, je pense qu'il est temps d'agir vite et maintenant », a-t-il averti. Pour sa part, l'historien Mamadou Mané a rappelé que c'est une mauvaise appréciation des erreurs commises par les colons qui ont aggravé cette crise, 20 ans après l'indépendance du Sénégal. Aussi, les mauvaises interprétations s'ajoutant à la paupérisation chronique des populations, il fallait inévitablement s'attendre au chaos. « La vérité historique, c'est que la Casamance n'a jamais tourné le dos au reste du Sénégal. Mais il existait bel et bien des échanges entre les régions du nord et celles du Sud de notre pays, même dans la période préhistorique. Il ne faut pas, sur le plan historique, donner une spécificité à la Casamance différente au reste du Sénégal. Les gens doivent éviter l'amalgame pour arrêter la confusion », a-t-il confié.
Maké DANGNOKHO
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  DROIT DES ENFANTS SENEGAL LA CONAFElundi 26 mars 2012 La Coalition nationale des associations et Ong en faveur de l'enfant (CONAFE SN) a appelé à la ‘'fin des violations flagrantes et récurrentes du droit des enfants à vivre dans un environnement sain et sécurisé'', indique un communiqué transmis vendredi à l'APS. ‘'Il urge de mettre fin à ces violations flagrantes et récurrentes du droit des enfants à vivre dans un environnement sain et sécurisé'', indique la CONAFE SN à l'occasion de la célébration par la communauté internationale des 20 ans de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE) adoptée par l'assemblée générale des Nations Unies. Selon le texte, la CDE garantit aux enfants entre autres, le droit de réaliser leur potentiel, le droit d'être protégés contre toutes formes de pratiques préjudiciables à leur vie, survie et développement, d'exploitation et d'abus, de mauvais traitements et, le droit de participer pleinement à la vie familiale et au développement socio économique de leur pays. ‘'Hélas, ajoute-t-il, malgré les efforts fournis par l'Etat, la situation des enfants du Sénégal est loin d'être reluisante''. ‘'Viols, pédophilie, mendicité, mariages et grossesses précoces, mutilations génitales féminines, traite et trafic, maladies endémiques, sont le lot quotidien des enfants. Ces violences à l'égard des enfants sont enregistrées chaque jour, chaque instant et en tout lieu'', lit-on dans le document.
Le communiqué cite entre autres les cas de la petite fille de 12 ans sauvagement assassinée à Guédiawaye, des 21 filles victimes d'abus sexuels de la part de leur ‘'maître coranique'' et des 2 sœurs victimes de viols répétés d'un certain Khalife qui ‘'heurtent encore la conscience de tous les hommes et de toutes les femmes épris de justice sociale''. La CONAFE SN demande aux Nations Unies de renforcer le fonds d'appui pour l'enfance, appelle l'Etat à traduire en actions concrètes les discours et déclarations pour la promotion des droits de l'enfant tels que stipulés dans la CDE. La coalition recommande également à l'Etat de définir une politique claire de promotion des droits de l'enfant par l'institutionnalisation d'un organe inter ministériel de coordination des actions en faveur de l'enfant doté de ressources techniques, financières et humaines conséquentes. Elle exige en outre ‘'l'application effective et inconditionnelle'' des lois qui promeuvent et protègent les droits de l'enfant. La CONAFE SN lance un appel solennel à l'ensemble des acteurs à ‘'favoriser la synergie des interventions par le renforcement de cadres de concertation multisectoriels et fonctionnels pour une conjugaison des efforts et une harmonisation des actions propices à l'avènement d'un monde digne des enfants''.
GRAND YOFF - Lutte contre les abus sexuels faits aux enfants : Le Cegid met en place un programme 19-06-2009 Par Justin GOMIS Après Saint-Louis, c'est Grand Yoff qui va abriter un programme de lutte contre les abus sexuels qui consistera à informer et à former les gens sur les questions de ce genre. Le Cegid envisage d'élargir ce projet aux autres endroits du pays. «Nous avons décidé de lancer un programme de lutte contre les abus sexuels faits aux enfants dans la commune de Grand Yoff.» C'est la volonté manifestée par le Centre de guidance infantile et familiale (Cegid) en collaboration avec le programme Pires formes de travail des enfants qui tenait lundi une conférence de presse en prélude à la Journée mondiale de l'Enfant. Ce programme estimé à 5,6 millions de francs Cfa vise à lutter contre les violences et les abus sexuels faits aux enfants, qui ne cessent de défrayer la chronique. Il mettra l'accent sur la formation relative aux questions de pédophilie, abus sexuels, viols et l'information en vue de mettre en place un vaste réseau d'acteurs qui sont compétents dans le domaine de la prise en charge. A en croire le psychologue clinicien Serigne Mor Mbaye, c'est ce qui manque au Sénégal. Car, reconnaît-il, «il y a de la générosité et des agitations». Mais, cela ne suffit pas, à son avis, parce que, pour lui, «quand un enfant est victime d'abus sexuel, il est traumatisé» et il a ainsi besoin de prise en charge. Pour lui, ce phénomène d'abus sexuel est corollaire à la misère. De l'avis de M. Mbaye, les abus sexuels sur les enfants sont liés à la pauvreté. Et l'exemple de Grand Yoff, qui est un quartier qui regroupe beaucoup d'ethnies, ne peut qu'être judicieux pour abriter ce programme. Car, c'est un quartier où, dit-il, «il y a beaucoup d'instabilité économique et beaucoup de bars». Grand Yoff est aussi une localité où, pour se déplacer, les populations n'éprouvent pas trop de difficultés. Un fait qui attire les gens à habiter la localité. Tous ces paramètres ont contribué au choix de cette commune pour lancer ce programme, qui sera à l'avenir répandu dans d'autres localités, selon les promesses du président du Cegid. Les activités, qui seront menées dans ce lieu, seront l'information de l'ensemble des acteurs comme le mouvement des femmes, le groupement des jeunes, les Ong, l'Hôtel de Police, le développement communautaire. Mais, il sera important d'avoir des «compétences dans ce domaine pour pouvoir travailler dans les dossiers judiciaires, savoir comment constituer un dossier judiciaire», recommande-t-il. Car, ce qui s'est passé à Diourbel où le médecin a délivré un certificat médical pour les 50 jeunes filles abusées par le maître coranique Layine Wilane, et où ces victimes ont défilé devant le tribunal, n'est pas normal. Ceci, pour lui, atteste qu'il y a un déficit de formation qui montre que ces gens ne savent pas ce qu'il faut faire en cas d'abus sexuels. Le maire de Grand Yoff, Mamadou Mbaye, qui se réjouit de ce programme et du choix de sa commune, a manifesté sa volonté de soutenir l'initiative. «Nous sommes prêts à vous soutenir et à vous accompagner», a-t-il rassuré. justin@lequotidien.sn
Sénégal: Comprendre le phénomène des enfants de la rue et la responsabilité des « daaras » Birahim LO La journée des talibés a été célébrée ce vendredi 20 avril, une occasion peut être de faire un gros plan sur les phénomènes des enfants de la rue. Des lois ont été votées, les médias en parlent, des associations se sont constituées, des ONG s'activent. Pourtant, le phénomène s'exacerbe. Qui sont ces enfants de la rue ? Qu'est-ce qui les amène dans la rue ? Quelle est la responsabilité des daaras ? Que faire maintenant ? A ces différentes questions, nous allons tenter d'y répondre. Ce sont :
i. les enfants " talibés " qui mendient pour assurer leur propre prise en charge et celle de leurs marabouts ;
ii. les enfants accompagnateurs qui accompagnent leurs parents mendiants ;
iii. les enfants handicapés victimes de la lèpre, les aveugles, les victimes de la poliomyélite etc. ;
iv. les enfants en rupture familiale qui ont élu domicile dans la rue ;
v. les enfants mendiants issus des familles démunies.
2- Cinq (5) causes du phénomène des enfants de la rue
a. Causes économiques : Irruption des femmes et des enfants dans la mobilisation des ressources des ménages assurée jadis par les aînés.
b. Défaillance du système scolaire : On estime que chaque année, plus de la moitié des élèves du CM_ sont mis hors du système éducatif.
c. Mutations sociales : une nucléarisation de la famille en ville qui ne peut plus accueillir la famille élargie et la disparition de toutes les formes de formation sociales qui se pratiquaient jadis.
d. Familles monoparentales : Divorce, décès d'un des parents, enfants hors mariage etc. qui exposent l'enfant à plus de risques de par son état de fragilité.
e. Exode rural : conséquence du fort taux de chômage et du déséquilibre au niveau des infrastructures entre Dakar et le reste du pays.
3- De la responsabilité des daaras
Les intervenants dans la lutte contre le phénomène des enfants de la rue, estiment que 70% des enfants mendiants des villes déclarent provenir des daaras. Ce qui donne d'ailleurs l'impression que talibé et mendicité vont de pair. Qu'en est-il donc de la responsabilité des daaras ? a) Sens du daara : Daara est une demeure (Dâr) qui accueille des tâlib (étudiants) pour la mémorisation du Coran et l'apprentissage des sciences islamiques. Pour les musulmans, la mémorisation du texte sacré est la meilleure façon de le transmettre aux générations futures et de le préserver de toute innovation et de toute falsification à travers les âges. b) Historique au Sénégal : lieu de formation des grands savants musulmans sénégalais avant et pendant la colonisation en Coran, théologie, sciences sociales et grammaire. Par ailleurs, les autorités coloniales les percevaient comme un obstacle à la réussite de l'expansion de l'école laïque française comme le note Dr Khadim Mbacke, Ifan, dans son ouvrage " Daaras et droits de l'enfant ". Voir par exemple arrêté du 15 juillet 1903 du lieutenant-gouverneur du Sénégal interdisant de recevoir des enfants de 6 à 16 ans pendant les heures régulières de classe des écoles publiques. c) Exemple de daaras historiques et toujours fidèles au sens originel : Ils sont localisés pour la plupart dans les régions de l'intérieur du pays avec des effectifs variant entre 1000 et 3000 élèves : Daara de Fass TOURE de Kébémer (région de Louga) fondée vers 1884. Le Soleil (Dakar)
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  ABUS DES ECOLES CORANIQUES HUMAN RIGHTS WATCH DENONCE Avril 15, 2010 Sénégal : Dans de nombreuses écoles coraniques, les garçons subissent de graves abus Le gouvernement devrait traduire les professeurs en justice et réglementer ces écoles « Le gouvernement sénégalais ne devrait pas rester les bras croisés pendant que des dizaines de milliers d'enfants talibés sont soumis chaque jour à des violences physiques, une négligence totale et, en fait, à des conditions s'apparentant à de l'esclavage. » Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch
Des dizaines de milliers d'enfants fréquentant des internats coraniques au Sénégal sont soumis à des conditions qui s'apparentent à de l'esclavage et sont victimes de graves abus, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Human Rights Watch a exhorté les autorités sénégalaises à réglementer toutes les écoles coraniques et à entreprendre une action immédiate et concertée pour traduire en justice les professeurs qui violent les lois sénégalaises contre la mendicité forcée et la maltraitance des enfants. Le rapport de 126 pages, « ‘Sur le dos des enfants' : Mendicité forcée et autres mauvais traitements à l'encontre des talibés au Sénégal », documente le système d'exploitation et de maltraitance dans le cadre duquel au moins 50 000 garçons appelés talibés - dont la grande majorité a moins de 12 ans, et beaucoup n'ont pas plus de quatre ans - sont forcés de mendier dans les rues du Sénégal pendant de longues heures, sept jours par semaine, par des professeurs appelés marabouts dont plusieurs exhibent des comportements abusives et brutaux. Le rapport indique que les garçons sont souvent soumis par leurs professeurs à des formes extrêmes de maltraitance, de négligence et d'exploitation. Il s'appuie sur des entretiens menés auprès de 175 talibés ou anciens talibés, ainsi qu'auprès d'environ 120 autres personnes, dont des marabouts, des familles qui ont envoyé leurs enfants dans ces écoles, des spécialistes de l'islam, des représentants gouvernementaux et des travailleurs humanitaires. « Le gouvernement sénégalais ne devrait pas rester les bras croisés pendant que des dizaines de milliers d'enfants talibés sont soumis chaque jour à des violences physiques, une négligence totale et, en fait, à des conditions s'apparentant à de l'esclavage », a remarqué Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait saisir l'occasion de la Journée nationale des Talibés, le 20 avril, pour s'engager à réglementer toutes les écoles coraniques et à exiger des comptes aux marabouts responsables de maltraitance. »
Dans la société sénégalaise essentiellement musulmane, où les chefs religieux exercent un pouvoir social et politique immense, les enfants ont depuis longtemps été confiés à des marabouts qui les éduquent dans ces internats coraniques, appelés daaras. Nombre de marabouts, qui servent de tuteurs de facto, remplissent consciencieusement la tradition importante de fournir aux jeunes garçons une éducation religieuse et morale. Toutefois les recherches menées par Human Rights Watch montrent qu'actuellement, dans de nombreux daaras urbains fonctionnant en internats, d'autres marabouts se servent de l'éducation comme couverture pour l'exploitation économique des enfants à leur charge. Nombre de marabouts dans les daaras urbains exigent que les enfants leur remettent quotidiennement le produit de leur mendicité, et infligent de graves violences physiques et psychologiques aux enfants qui ne peuvent respecter le quota exigé. Human Rights Watch a documenté de nombreux cas de sévices corporels, et plusieurs cas où les enfants ont été enchaînés, attachés et forcés de rester dans des positions pénibles pendant qu'ils étaient battus. Dans plus de 100 daaras dont Human Rights Watch a interrogé des talibés actuels ou passés, le marabout recueille en général de 20 000 à 60 000 dollars US par an grâce à la mendicité des garçons - une somme substantielle dans un pays où la plupart des gens vivent avec moins de 2 dollars par jour. Certains entretiens laissent supposer que des marabouts peuvent amasser jusqu'à 100 000 dollars par an en exploitant les enfants qui leur sont confiés.
Une tendance généralisée à la maltraitance
Un garçon de 11 ans envoyé par ses parents à l'âge de sept ans à un marabout de Dakar, capitale du Sénégal, a expliqué à Human Rights Watch : Chaque jour je devais rapporter au marabout 600 CFA (1,30 dollar US), du riz et du sucre. Chaque fois que je ne pouvais pas, le marabout me frappait à coups de câble électrique. Il me frappait tant de fois sur le dos et le cou ; trop pour les compter.... Chaque fois que j'étais battu, je pensais à ma famille qui n'avait jamais levé la main sur moi. Je me rappelais du temps où j'étais à la maison. J'ai fini par m'enfuir, je ne pouvais plus le supporter. Human Rights Watch a en outre documenté les conditions extrêmement précaires dans lesquelles vivent ces garçons. Les montants substantiels d'argent, de riz et de sucre ramenés collectivement par les talibés mendiants ne sont pas utilisés pour nourrir, vêtir, abriter ou de quelqu'autre façon subvenir aux besoins des enfants. Nombre d'entre eux souffrent de malnutrition sévère cependant que les longues heures passées dans la rue les exposent au danger d'être blessés dans des accidents de voiture, de sévices corporels et sexuels, et de maladies. Un daara typique est un bâtiment abandonné ou dont la construction est inachevée, et qui offre peu de protection contre la pluie, la chaleur ou le froid. Il est courant que les enfants dorment à 30 dans une petite pièce. Les maladies se répandent rapidement et les enfants tombent souvent malades - de maladies de peau, de paludisme et de parasites intestinaux - mais les marabouts les soignent rarement. Au lieu de cela, beaucoup d'enfants sont forcés de mendier encore plus longtemps pour payer leurs propres médicaments. La plupart des talibés interrogés par Human Rights Watch ont indiqué qu'ils n'avaient qu'une tenue de rechange et plus de 40 pour cent d'entre eux ne possédaient pas une seule paire de chaussures, et donc ils doivent mendier pieds nus. Certains talibés ont expliqué que lorsqu'ils économisaient un peu d'argent en mendiant de plus longues heures et s'achetaient une nouvelle chemise ou des pantalons, leur marabout prenait les vêtements pour les donner à ses propres enfants. « Au lieu de s'assurer que les garçons qui leur sont confiés disposent de nourriture, d'éducation et d'un abri correct, bien trop souvent les marabouts se servent de ces jeunes garçons comme source de revenus pour eux et leurs familles », s'est indignée Georgette Gagnon. « C'est honteux. » Épuisés par les abus continuels et les privations, plus de 1 000 garçons s'enfuient des daaras chaque année. Les centaines d'enfants vivant dans les rues des principales villes du Sénégal représentent l'un des héritages caractéristiques des internats coraniques les plus coupables d'exploitation.
Une inaction persistante Le gouvernement sénégalais a décrété en 2005 une loi qui pénalise le fait de forcer autrui à mendier en vue d'en tirer personnellement profit. Toutefois les autorités se sont abstenues de prendre des mesures concrètes pour mettre la loi en application et pour mettre un terme à l'exploitation et aux abus contre les talibés. Pas un seul marabout n'a été accusé ou jugé seulement pour le crime de mendicité forcée, bien que l'on puisse voir un grand nombre de ces enfants dans les rues n'importe quel jour de la semaine. Sauf dans de rares cas, de graves sévices corporels commis contre des talibés sont restés pareillement impunis. À l'exception de quelques daaras « modernes » sponsorisés par l'État - qui combinent les programmes des écoles publiques et coraniques - aucune des écoles coraniques du Sénégal n'est soumises à une réglementation gouvernementale. C'est ce qui a conduit en partie à la prolifération de marabouts peu scrupuleux qui s'intéressent peu à l'éducation des enfants qui leur sont confiés ou à subvenir à leurs besoins. Bien que nombre des enfants se trouvant dans les daaras du Sénégal viennent de la Guinée-Bissau voisine, son gouvernement n'a pas traduit les marabouts en justice, même dans des cas manifestes de traite d'enfants. La Guinée-Bissau court aussi le risque que la pratique de la mendicité forcée se répande chez elle si elle ne tire pas les leçons des décennies d'inaction au Sénégal. Les parents envoient leurs enfants dans des daaras surtout par souci de leur assurer une éducation religieuse ; nombre d'entre eux sont aussi influencés par le manque de moyens financiers pour les entretenir à la maison. La plupart des parents ne fournissent aucun soutien financier ou affectif lorsqu'ils envoient l'enfant à un marabout. Si certains ignorent les abus - du fait en partie de la dissimulation délibérée de la part du marabout - d'autres envoient ou renvoient délibérément leurs enfants vers une situation qu'ils savent entachée d'abus. Les agences d'aide humanitaire qui tentent noblement de combler le manque de protection laissé par le gouvernement, se retrouvent parfois impliquées dans les abus. En mettant l'accent de l'assistance sur les daaras urbains, et en négligeant les écoles rurales, de nombreuses organisations humanitaires nationales et internationales incitent les daaras à se déplacer depuis les zones rurales vers les zones urbaines, où la mendicité forcée est répandue. Dans certains cas, les efforts de ces organisations augmentent les marges bénéficiaires de marabouts peu scrupuleux en leur versant directement l'aide et en ne contrôlant pas la façon dont l'argent est utilisé. De telles agences omettent souvent de signaler les abus ou de remettre en question le laisser-faire de l'État, entre autres pour maintenir de bonnes relations avec le marabout et les autorités. « Des millions de dollars sont déversés dans des programmes humanitaires et gouvernementaux pour aider les talibés et empêcher les abus, pourtant la prévalence de la mendicité forcée des enfants dans les daaras continue de s'aggraver », a conclu Georgette Gagnon. « La maltraitance endémique de ces enfants ne pourra être éradiquée que lorsque le gouvernement exigera des comptes aux marabouts coupables de ces abus. » L'inaction du gouvernement à cet égard constitue un manquement à ses responsabilités au regard de la Convention relative aux droits de l'enfant et de la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, ainsi que d'autres conventions sur la traite, sur les conditions s'apparentant à l'esclavage, et sur les pires formes de travail des enfants.
Human Rights Watch a par ailleurs appelé l'Organisation de la Conférence islamique à dénoncer la pratique de la mendicité forcée comme étant contraire aux obligations en matière de droits humains au regard de la Déclaration du Caire sur les droits de l'homme en Islam, et a demandé au Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines d'esclavage d'entreprendre une enquête sur la situation des talibés. voir le site
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 ENFANTS MENDICITES LA TRAQUE? |  | Abdoulaye Wade traque l'hydre de la mendicité
Publié le 26. août, 2010 par Jean-Pierre Ndongo S'il y a un phénomène social bien répandu en Afrique, c'est bien la mendicité. Un mot qui a tout un sens, et il existe depuis des siècles. Aujourd'hui, en Afrique, il n'y a pas un lieu où on ne rencontre des gens qui font la manche. Un artiste ivoirien disait d'ailleurs que « la galère est le cousin de la mort ». Une expression qui fait peur et la solution consiste à faire comme dans la cour des Miracles. C'est-à-dire être obligé de mendier sa vie. Mais au Sénégal, les mendiants vont désormais trouver autre chose à faire avec leurs dix doigts. Ainsi en a décidé Wade qui a décrété de traquer l'hydre de la mendicité dans son pays. Une mesure qui est entrée en vigueur hier jeudi 26 août 2010 et cela en plein mois du carême musulman. Au moment où nous tracions ces lignes, on ne sait pas si le communiqué du ministère de l'Intérieur a fait effet. A Dakar comme dans les autres villes africaines, on ne peut circuler tranquillement sans que les mendiants ne vous tendent leurs sébiles avec parfois un air pitoyable. D'autres, avec le temps, s'adonnent au vol quand la journée n'est pas fructueuse. Gorgui, qui ne peut se rendre à l'aéroport sans les voir, a peut-être compris que leur présence sur la voie publique n'est pas bonne pour l'image de son pays. Avec son gouvernement, ils ont décidé « qu'il est formellement interdit toutes activités de mendicité et les mendiants trouvés sur la voie publique seront sévèrement sanctionnés. »
Au sortir du conseil interministériel, le Premier ministre, Souleymane Ndéné N'diaye, avait déclaré qu'il faut que tout le monde comprenne que mendier est interdit par la loi. La mendicité ne sera tolérée que dans les lieux de culte, les mosquées et les églises. C'est donc une décision courageuse qui a été prise du côté de Dakar, surtout que l'ampleur du phénomène de la mendicité est visible. A ce qu'on dit, des enfants de 2 à 15 ans dont le nombre est croissant, ont été dénombrés dans les rues de la capitale et les bailleurs de fonds avaient exprimé des doutes sur la volonté du Sénégal d'appliquer une loi interdisant la mendicité, votée depuis 2005. Les enfants mendiants sont pour la plupart des élèves des écoles coraniques, appelés talibés, que leurs maîtres ont fait venir des régions sénégalaises ou des pays voisins. Cette « traite » des enfants obligés de rapporter au maître de l'argent, et qui passent plus de temps dans la rue que dans les écoles n'a pas cessé d'être dénoncée depuis des années par les organisations humanitaires et des droits de l'homme. Mais à voir les choses, il n'est pas définitivement mis fin aux activités des mendiants. C'est dans les lieux de culte seulement qu'ils peuvent quémander, or ce n'est pas du tout évident que les jetons tombent à tout moment. Dans la rue, les âmes sensibles donnent plus que dans les temples et les mosquées. Avec cette mesure, la situation se corse davantage pour les mendiants. C'est un grand pas que le Sénégal a fait en prenant à bras-le-corps ce problème. D'autres pays devront aussi emboîter le pas puisque le phénomène ne passe pas inaperçu. Les causes de la mendicité sont nombreuses et la sociologie ne saurait tout expliquer. Le manque de solidarité de la société a fait que des jeunes, et même des personnes âgées, sont contraints de prendre la rue pour ne pas mourir de faim. Mais il y a aussi l'irresponsabilité des parents, chose qui fait que la mendicité ne disparaîtra pas de si tôt.
Justin Daboné |
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