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ORGANISME DROIT DE L'HOMME CAMEROUN

ORGANISME DROIT DE L'HOMME CAMEROUN  vous pouvez voir aussi  la rubrique Ong droit de l'homme

la Déclaration universelle des droits de l'Homme
Ce sont des principes qui définissent les droits que chaque être humain détient du seul fait d'être un être humain. Certains diront qu'il s'agit de droits naturels, c'est-à-dire qu'ils ont pour seul fondement d'être inhérents à la nature humaine. Les droits de l'Homme sont dès lors universels, identiques pour tous et inaliénables. Ils sont l'apanage universel de tous les êtres humains sans exception… ils leurs collent à la peau. Ce ne sont pas des droits positifs, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas juridiquement contraignants (ils ne font pas partie de l'arsenal législatif), cependant, ils doivent former un soubassement au droit positif et contraignant.
Les principes des droits de l'Homme ont fait l'objet d'une Déclaration universelle adoptée le 10 décembre 1948 lors de l'Assemblée générale des Nations unies. Ils sont « comme  un idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction. » (Préambule de la Déclaration universelles de 1948)
Si les droits de l'Homme ont une prétention à l'universalité, par contre, les pouvoirs politiques sont insitués, eux, par les Etats. Ces Etats, dès lors, doivent placer ces droits comme fondements de leurs constitutions et continuent de faire l'objet d'un travail d'éducation. 

MAFIA AUTOUR DES DONS

Cameroun : Action humanitaire : Grosse maffia autour des dons

C'est presque chaque trimestre qu'un mécène, une entreprise citoyenne, une association ou un mouvement religieux, fait des dons à la prison Centrale de Douala, pour soulager les souffrances des bagnards. Loin d'augmenter la ration de ceux à qui ces dons sont adressés, c'est plutôt le contraire qui est observé. «Même si une ONG donne chaque jour des sacs de riz, des conteneurs de sardine et savons, notre condition ne va pas changer. La ration n'a jamais varié». Poursuivant, Inguélé Christophe, un ex-prisonnier accuse le régisseur et ses adjoints d'être à la tête d'une grande maffia. Ils revendent tout ce que les mécènes viennent nous donner»
Confirmant ces propos, Chonang Dachi fait une économie de ses tribulations : «Lorsque j'ai dénoncé ce trafic en 2008, j'ai été bastonné, ma femme a été agressée et ma maison a curieusement pris feu à Bonabéri. J'ai compris qu'il fallait que je me taise surtout j'avais été interdit de visite». Approché, un gardien nie ces accusations : «Lorsque les dons arrivent, tout le monde est là pour apprécier la nature et la quantité. Ces dons vont au magasin et rentrent progressivement dans le circuit de la distribution. C'est parce que les prisonniers sont très nombreux qu'ils perçoivent difficilement la progression. Ils veulent qu'on verse tout ce qu'on a dans la ration d'un jour. Et demain ?»

Malgré la bonne foi manifeste de ce geôlier, rien ne permet de confirmer que tout va bien à New-Bell, notamment la redistribution des dons alloués aux prisonniers, devant cette sémi-démission de l'Etat. Pourquoi les pouvoirs publics assistés des âmes de bonne volonté, ne peuvent pas donner de bonnes conditions de vie aux prisonniers qui ont les ùêmes droits que tout être humain? Pourquoi les responsables de cette prison s'engraissent-ils sur le dos des bagnards, ceux qu'ils sont sensés encadrer et recycler ? Que faire pour stopper cette maffia au moment où des cas de malnutrition sont monnaie courante au sein de cette maison d'arrêt ? Le régisseur et ses adjoints jouissent-ils d'une immunité du pénitentiaire ? Autant de questions en suspens.
source : Le Messager
Etame Kouoh
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380 CAMEROUNAIS INCARCERES A L'IBREVILLE

Justice : 380 Camerounais incarcérés à Libreville

Condamnés et prévenus Camerounais croupissent à la prison de Libreville sans assistance humanitaire ni juridique.
Le pénitencier de Libreville, la capitale gabonaise, affectueusement appelée «L'université de gros bouquet», située à un kilomètre de l'université Omar Bongo, est une vieille bâtisse qui offre au visiteur ses charmes désuets. La forteresse ne paye pas de mine et n'a pas pu, à l'évidence, résisté à l'érosion du temps. Comme plusieurs autres prisons du continent, la population carcérale dépasse largement sa capacité d'accueil.
La prison de Libreville abrite une population carcérale hétéroclite à l'image du caractère cosmopolite du pays. Ainsi les détenus gabonais sont naturellement les plus nombreux dont le nombre est estimé à près de 1500. Les Camerounais, quant eux, constituent la première communauté étrangère ; un contingent dont les rangs ne se dégarnissent pas. Nos compatriotes condamnés et prévenus sont au total 380 qui purgent leurs peines dans ce bagne, soit 20 pour cent des détenus. Si l'on tient compte également des autres Camerounais en captivité dans les prisons provinciales, le nombre est effarant voire ahurissant. «Chaque jour, un camerounais est écroué pour un délit», s'indigne un compatriote qui vient de purger une peine de six mois.

Délits
Que leur reproche-t-on ? La plupart purgent des peines correctionnelles et de droit commun. Comme pour ceux qui sont déjà condamnés, les possibles motifs d'inculpation sont les mêmes que pour ceux qui attendent leur jugement : vols à mains armées, braquages, escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, recèle … Des peccadilles, impairs et crimes commis de manière récurrente et qui font les choux gras de la presse locale, friande de frasques des sujets concernant les expatriés. Indubitablement, tout cela contribue à écorner l'image de du Cameroun et met en évidence les drames et les aléas de l'immigration.
Dans cette maison d'arrêt, les prisonniers camerounais vivent sans assistance humanitaire ni juridique. Le drame de l'éloignement du pays et son corollaire, qui est le manque de soutien familial ; quelques détenus bénéficient de l'assistance des associations auxquelles ils ont adhéré. L'extradition au Cameroun à laquelle aspirent les détenus camerounais de Libreville n'est qu'une simple vue de l'esprit car aucun accord en la matière n'existe entre les deux pays. Dans l'espoir qu'une telle convention voit le jour, les inculpés méditent au quotidien sur leur sort à «L'université de gros bouquet» de Libreville.

A. G. Banassa a Libreville (Correspondance particulière) 
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DROIT DES FEMMES AU CAMEROUN

Depuis un an, les organisations partenaires de la campagne, présentes dans plus de 40 pays, se sont mobilisées pour appeler leurs gouvernants à mettre un terme aux graves discriminations dont souffrent encore aujourd'hui les femmes africaines. La campagne « L'Afrique pour les droits des femmes », lancée le 8 mars 2009, a eu un retentissement important, et déjà, quelques progrès ont pu être observés. Citons par exemple l'adoption d'une loi pour augmenter la représentation des femmes dans la vie politique du Burkina Faso, la prohibition des mutilations génitales féminines en Ouganda ou la nomination d'une représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies sur les violences sexuelles dans les conflits armés.  « Mais ces quelques progrès ne doivent pas nous faire oublier que les femmes souffrent encore d'inacceptables violations de leurs droits les plus fondamentaux  », précise Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « Inégalités devant la loi concernant l'autorité familiale ou l'accès à l'héritage, violences sexuelles commises en toute impunité, difficultés d'accès à l'éducation... la persistance de telles discriminations montre le chemin qui reste à parcourir pour que les femmes d'Afrique puissent accéder à une égalité de droit », a-t-elle poursuivi.  Fruit des enquêtes menées par les organisations de la campagne dans leurs pays respectifs, le Cahier d'exigences témoigne de la situation des droits des femmes dans trente et un pays africains, et formule des revendications clés pour éliminer les discriminations et les violences à leur égard, telles que l'abrogation de lois consacrant le statut inférieur de la femme dans la famille ou l'empêchant d'accéder à la propriété ; la criminalisation des violences sexuelles et la poursuite des auteurs ; ainsi que la ratification des instruments internationaux et régionaux de protection des droits des femmes.
Ces « exigences » s'adressent aux autorités gouvernementales de chaque pays, car renforcer le respect des droits des femmes est avant tout une question de volonté politique.  « Par ce présent Cahier d'exigences, tous les acteurs de la campagne « L'Afrique pour les droits des femmes ! » appellent les gouvernements africains à des gestes concrets et immédiats pour garantir le respect des droits des femmes, notamment à RATIFIER les instruments de protection des droits des femmes et à les RESPECTER dans leur intégralité  », a conclu le Comité de pilotage de la campagne [1] .

Blog de la campagne :

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LE CAMEROUN ET LES DROITS DE L'HOMME

Le Cameroun et les Droits de l'Homme
La situation des Droits de l'Homme au Cameroun n'est pas du tout satisfaisante. Votre avis ne souffre d'aucune ambiguïté. Vous l'affirmez à 99%. Encore du pain sur la planche, messieurs les gouvernants !

C'est parce que nous aimons notre pays que nous sommes parfois sévères à l'encontre de ceux qui nous gouvernent et qui ne comprennent pas toujours qu'ils ont la chance d'être à la tête d'un pays fabuleux, formidable, grand, beau, fort et si fier. Il suffisait de lire notre édito de la semaine dernière pour s'en convaincre. Mais vous le confirmez cette semaine par les résultats du sondage hebdomadaire : les Droits de l'Homme au Cameroun ont encore du chemin à parcourir. Bien sûr on se consolerait en disant qu'ailleurs ce n'est pas mieux, même parfois là où on ne s'attend pas à voir les droits humains bafoués. On peut citer le cas de la France, de la Belgique, des Etats-Unis… où il est courant de voir des forces de l'ordre coupables d'actes racistes, commis au seul motif du " délit de faciès ". C'est-à-dire parce qu'on est Noir, Arabe… ou Asiatique. Des citoyens sont emprisonnés injustement en France, où les RG (Renseignements Généraux) prennent parfois l'allure de police politique. Des citoyens sont placés illégalement sur écoute par le gouvernement en France, en Belgique…
Mais la différence avec ces pays est que justice passe, même dix ans après. L'Etat dans ces pays-là est régulièrement condamné, et tenu d'indemniser les citoyens abusés. Cas irréguliers pour être signalés. Dans ces Etats-là aussi, la protection sociale existe, l'éducation est obligatoire jusqu'à un certain age, les fils de ministres fêtent rarement leur premier milliard de fortune, il est rare de se faire emprisonner par quelqu'un au seul motif qu'il est le frère de tel commissaire ou de tel ministre, la justice arrive parfois à inquiéter les hommes politiques, même les plus puissants… Et c'est là la différence avec notre pays. Et c'est cela que vous avez dénoncé à travers les résultats de la question de la semaine. Qui représente l'Etat chez nous ?

Il y a, au Cameroun, une poignée de gens qui font la loi, qui font emprisonner sans procès, qui sont coupables de délinquance financière, qui abusent du citoyen ordinaire, qui pratiquent le népotisme… mais qui sont rarement inquiétés. Pour ne pas dire jamais. Parce qu'ils sont dans le cercle du pouvoir. Parce que la justice est incapable de faire son travail, faute de moyens (une indépendance qui peut lui permettre d'investiguer par exemple et librement sur telle affaire impliquant tel membre du gouvernement). Parce que la société camerounaise est une société fortement inégalitaire, où les plus forts ont toujours raison, et les faibles toujours tort. "Tous les êtres humains naissent pourtant libres et égaux en dignité et en droit ", proclame le premier article de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948. Qui ajoute que "tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection par la loi ".
Le sentiment qu'on a parfois, au Cameroun, est celui de vivre dans un Etat sans droits ni lois. Dans une cour du roi Petau où les gens font ce qu'ils veulent, parce que l'Etat ne se fait pas suffisamment respecter, parce qu'il a démissionné en bien de domaines ; mais aussi parce que ceux qui sont chargés de dire ou de faire respecter les lois républicaines ont troqué depuis longtemps les compétences de leurs fonctions pour des intérêts purement personnels. Au Cameroun, on emprisonne pour un oui ou pour un non ; on passe plus ou moins facilement entre les mailles de la justice selon qu'on est puissant ou misérable, riche ou pauvre, de bonne ou de mauvaise société…C'est tout cela qui offusque, et ce résultat de (presque) 99% de mécontents de la situation des Droits de l'Homme au Cameroun (un score à l'africaine) dénote toute votre exaspération de cette situation. Puisse ce message être entendu par les autorités.

Le développement d'un pays se mesure au nombre de possibilités offertes aux citoyens face à un problème donné. Prenons l'éducation, la justice, l'emploi, la santé, les télécommunications, la protection sociale, la formation, que nous offre aujourd'hui l'Etat lorsque nous terminons nos études, tombons malade, nous faisons agresser par des malfrats, voulons embrasser d'autres filières que les sempiternelles séries générales auxquelles nous avons été habitués… ? Le choix n'est pas large. Alors ceux qui le peuvent, face à cette insuffisance de possibilités et aux défaillances de l'Etat, s'en vont voir ailleurs, en Europe, en Amérique, en Asie ou même en Afrique. Autant d'obligations dont l'Etat devrait pourtant s'acquitter ; mais qui peut poursuivre l'Etat camerounais en justice, parce qu'une Camerounaise est décédée par exemple des suites des négligences du corps médical ? Ou parce que sa famille n'avait pas les moyens de la faire soigner ? Qui peut poursuivre l'Etat en justice parce que celui-ci a abusé de ses droits ? Exaspérés, certains se vengent comme ils le peuvent, en se rendant justice à eux-mêmes. Beaucoup de travail reste encore à faire, pour que nous fassions partie du club des Etats de droit.
Question de la semaine: il y a deux semaines, le ministre des Transports annonçait pour juillet 2001 la privatisation de la Cameroon Airlines, plus connue sous l'appellation CAMAIR. Symbole national, élément de souveraineté d'un pays, disent les uns, tandis que d'autres rétorquent que la compagnie aérienne nationale mérite d'être privatisée si elle veut devenir rentable et concurrencer ses consoeurs…A vous de trancher, en répondant à cette question:
'Cameroon-Info.Net'
Yaoundé, le 11 décembre 2000
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LE CADRE JURIDIQUE DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES AU CAMEROUN

LE CADRE JURIDIQUE DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES AU CAMEROUN
Au fil des années, plusieurs d'entre elles ont fait leurs preuves en Europe et ont fini par devenir d'excellents pôles de développement.
L'expérience va se généraliser au cours des années 1960 dans les pays du Sud qui ont vu naître ça et là des ONG au regard de leurs domaines d'intervention et de la finalité des actions tournées vers le développement. Cette importance des structures en gestation et des effets positifs de leurs actions contre le sous-développement ont conduit les gouvernements à les considérer comme de véritables acteurs du changement et de progrès.
Au niveau du Cameroun, cette reconnaissance s'opère avec l'action du législateur à travers la loi n°99/014 du 22 décembre 1999. Cette loi qui consacre les ONG précise le concept, la typologie ainsi que l'organisation et le fonctionnement de celles-ci. Mais avant l'avènement de cette loi, force est de reconnaître le rôle joué par les Comités de Développement au Cameroun dans les années 1980. L'électrification rurale, la construction des ponts, des cases de santé, des points d'eau, des écoles, des foyers culturels, des pistes villageoises ainsi que la création des champs communautaires sont le fruit de ce frémissement. L'on peut dire que ces comités ont servi d'incubateur pour l'éclosion d'une certaine élite appelée à diriger des structures de développement modernes.
Après les années 1990, l'on a constaté avec amertume que les Comités de Développement se sont transformés en arènes où les acteurs politiques se sont souvent donné rendez-vous pour des batailles sanglantes dans le but de se positionner en leader.
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LE TRAVAIL DES ENFANTS AU CAMEROUN

Le travail des enfants au Cameroun: Gare à l'amalgame
Le travail, qu'il soit celui d'un adulte ou d'un enfant , relève d'abord de la vertu en ceci qu'il permet de libérer l' homme et l'éloigne des trois maux que sont l'envie, le vice et le besoin. Mais le travail peut aussi devenir un fléau, lorsqu'il est forcé, lorsqu'il est dangereux ou lorsqu'il est trop pénible. Il est donc impératif de viser le juste milieu et trouver les mots justes pour dénoncer ce qui est à dénoncer.
Le 19 décembre dernier, une dépêche de l'agence de presse APANEWS – Yaoundé, reprenant un communiqué du ministère camerounais du Travail et de la sécurité sociale , annonçait que "Près de 1200 mineurs , utilisés comme des esclaves, ont été retirés des champs en 2008 dans les provinces camerounaises du Centre , du Nord, du Sud et du Sud-Ouest ". Toujours selon cette dépêche, "Ces jeunes ont dû leur salut grâce à la perspicacité du Programme ouest- africain de prévention et de lutte contre le travail des enfants dans le secteur du cacao et de l' agriculture commerciale (WACAP)". Elle précise enfin que : "Soixante de ces jeunes infortunés, qui n'ont pas pu regagner leurs familles, viennent ainsi de recevoir du gouvernement des équipements d' apprentissage devant leur permettre de s'insérer dans des domaines professionnels".
Cette information , complète une autre publiée en 2006 par l'agence Syfia et qui révélait que : "Entre 2003 et 2006, sur 100 000 jeunes camerounais employés dans les plantations, le programme ouest africain de prévention et de lutte contre le travail des enfants dans le secteur du cacao et de l'agriculture commerciale (Wacap), a réussi à sortir 1109 enfants. Près d'un tiers d'entre eux ont été réadmis dans les écoles ou des centres de formation ". Toutes ces informations publiées par les agences de presse sont bien évidemment reprises en boucle par les principaux médias et tendent à mettre le Cameroun au hit parade du travail des enfants en même temps qu'elles permettent à certains organismes en charge de ces questions de justifier de leur existence et justifier de l' utilisation des budgets qui leur sont alloués. Lorsqu'on est sensible au devenir de la jeunesse en général et des enfants en particulier , on ne peut que se réjouir du fait qu'il existe ainsi une veille afin que les enfants ne soient point transformés en esclaves.

Mais attention! Comme face à tout tintamarre médiatique, la vigilance doit être de mise au risque de prendre des vessies pour des lanternes . Il se pourrait que nous soyons face à de simples coups médiatiques sans lendemain. Juste pour faire du chiffre dans les sondages et se donner bonne conscience. On avait déjà vu le cas avec une ministre en charge des affaires sociales du Cameroun. Cette brave femme avait eu l'idée apparemment géniale de reconduire dans leurs familles, les enfants de la rue venus des provinces septentrionales du pays et qui écumaient les rues de Yaoundé. Elle avait alors organisé une cérémonie d'au revoir fortement médiatisée à la gare de Yaoundé et avait remis la somme de 10 000 F CFA à chaque enfant en guise de viatique pour leur voyage retour . Mais le fin mot de l' histoire c'est que très peu parmi ces enfants avaient franchi le cap de la ville d'Obala, une banlieue de Yaoundé. Ils avaient sauté du train et s'en étaient retourné dans la ville de Yaoundé. Mais la ministre n'était plus là pour les voir . D'ailleurs elle avait déjà oublié leur existence. Elle avait réussi son coup médiatique et c'était le plus important pour elle . Si la ministre avait voulu poser un bon diagnostique , elle se serait posé une question bien simple : "Pourquoi ces enfants ont-ils décidé de quitter leur septentrion natal, de voyager sur le train à la merci des intempéries jusqu'à Yaoundé?"
Il se pourrait qu'entre la représentation du réel que font les médias de cette affaire du travail des enfants, du sens qu'ils veulent bien lui donner et souhaite qu'il recouvre, et la réalité des choses, il existe de très grandes disparités. Il se pourrait que l'utilisation abusive de certaines expressions, tels esclavage, exploitation … soit de nature à créer une sorte d'amalgame. Par exemple, lorsqu'on n'a pas pris le temps de se poser les bonnes questions et d'esquisser les réponses possibles.
Il se pourrait qu'une approche trop stéréotypée, trop globalisante et finalement trop simpliste de la problématique du travail des enfants ne permette pas l'affinement devant conduire à une meilleure compréhension du phénomène . Il se pourrait que la grille de lecture, utilisée pour décrypter le phénomène, parce que calquée sur des standard foncièrement étrangers à la réalité africaine soit de nature à fausser complètement le diagnostique et finalement la thérapie proposée. Passé ces hypothèses, allons-y voir la réalité de ce combat contre le travail des enfants et surtout, cherchons à comprendre le comment du pourquoi de cette problématique.

Pour les beaux yeux de l'Oit?
Pour ne pas être le mouton noir de la communauté internationale en matière de protection de l'enfance et surtout recueillir certains financements consacrés à "l'abolition du travail des enfants", le Cameroun a mis sur pied , en collaboration avec le Bit, l'Unicef, et la Banque mondiale , un arsenal juridique conséquent. Ainsi, le 22 octobre 2004, le ministre du travail et de la sécurité sociale (Mintss) a signé un protocole d'accord avec l'Oit pour sa participation au programme international pour l'abolition du travail des enfants; le 28 novembre 2005, le Mintss a signé l'arrêté portant création d'un comité national de mise en œuvre du programme international pour l'abolition du travail des enfants; enfin, le 29 décembre 2005 le président de la République a promulgué la loi relative à la lutte contre le travail et la traite des enfants. Par ailleurs, le Cameroun a adopté une politique visant à promouvoir la scolarisation des enfants en rendant gratuite l' inscription à l' école primaire et en instituant des zones d'éducation prioritaires avec fourniture gratuite des matériels et manuels scolaires ". Donc sur le papier , le Cameroun est un très bon élève du combat pour l'éradication du travail des enfants. Sur du papier seulement puisque dans la réalité, on assiste plutôt à une sorte de théâtralisation médiatique privilégiant l'effet d' annonce et refermant finalement l' avenir de la jeunesse dans une sorte de gros piège.
C'est donc l'action combinée de ces structures qui produit souvent sous la forme des trophées de guerre, les statistiques de la lutte pour l'abolition du travail des enfants au Cameroun. En fait, d'après le rapport de l'Unicef sur la situation des enfants dans le monde , "près de 54% des enfants de 5 à 14 ans sont astreints au travail au Cameroun". Il faut aussi ajouter selon une enquête Mics III, que la tranche d'âge visée, représente 28,3% de la population camerounaise, elle-même évaluée aujourd'hui à 17 millions d'habitants. C'est vrai qu'ainsi présenté, cela ne veut rien dire. Il faut pouvoir comprendre ce qu'à l'Unicef ou à l'Oit signifie "travail des enfants" et comprendre ensuite pourquoi ce travail des enfants pose problème. Dans ces organismes, le travail des enfants est mesuré par le fait que : "l'enfant a effectué un travail rémunéré ou non pour une personne n'appartenant pas au ménage ou a consacré plus de 4 heures par jour aux travaux dans la ferme ou dans les affaires du ménage ou tout simplement a exercé une activité économique pour au moins une heure".
J'ai quelques difficultés, sinon de réelles difficultés, avec cette définition du travail des enfants qui, parce que trop globalisante et manquant finalement de spécification, peut conduire et conduit d'ailleurs déjà au Cameroun à des amalgames malheureux. S'évertuer à obtenir l'abolition du travail des enfants sans se demander pourquoi les enfants travaillent, revient à agir sur les manifestations d'un mal en laissant les causes intacts. Cela revient par exemple à faire baisser la fièvre d'un patient sans lui administrer un traitement devant éradiquer le germe responsable de la montée de la fièvre. Combattre le travail des enfants sans dire en quoi il est nocif revient aussi à vouloir jeter le bébé avec l' eau du bain .

Nous savons qu'il existe une part acceptable et même encourageant du travail des enfants. Celle amène les mioches à se familiariser avec le travail en tant que vertu et en tant que élément essentiel de la formation de l'homme et de la création de la richesse des nations. Ce travail là, ce n'est pas seulement le travail scolaire comme certains veulent le faire croire. C'est aussi le travail domestique qui, autant que l'école, fait partie intégrante de la socialisation de l'homme et de son intégration optimale à son environnement . Ce travail qui libère l'homme et l'éloigne des trois maux que sont : l'ennui, le vice et le besoin. Pour nos pays d' Afrique qui sont à construire et qui doivent pour cela mettre leurs peuples au travail, n'appréhender le travail, y compris celui des enfants que comme un fléau qu'il faut absolument combattre et éradiquer sans discernement, s'apparente à un gros piège qu'il faut rapidement démonter. Le piège consiste à vouloir faire de l'école occidentale, la seule forme de socialisation pour les enfants et de pousser sur le bord du chemin, tous les autres enfants qui, pour diverses raisons malheureusement foisonnantes aujourd'hui, ne peuvent plus se maintenir dans le système scolaire. Il s'agit en fait d'une sorte de Darwinisme scolaire. Et comme la nature a horreur du vide, ces enfants à qui on a enseigné la culture de l'oisiveté, une fois rejetés dans la nature, animent les réseaux de l'insécurité. Et voilà le piège refermé. J'étais en Chine, et j'ai pu comprendre qu'au-delà des montages théoriques visant à expliquer les raisons de la richesse des nations et qui ont tant passionné un économiste tel Adam Smith, l'explication la plus convaincante de la prospérité des nations reste la capacité pour un gouvernement à mettre son peuple au travail, à lui faire aimer le travail, à lui faire appréhender le travail comme une vertu et non comme un vice ou un fardeau.
C'est pourquoi, ceux qui ergote aujourd'hui sur la prospérité de la Chine par exemple, en voulant s'interroger sur la qualité du travail, la nature des travailleurs, leur rémunération et autres, ont la mémoire bien courte. La prospérité de l'occident au cours des siècles passés s'explique essentiellement par le travail compris sous toutes ses coutures. Elle s'explique notamment par le fait qu'ils avaient réussi à soumettre d'autres peuples en esclavage et obtenir d'eux qu'ils travaillent comme des bêtes de somme.

Elle s'explique par le fait qu'après avoir soumis ces peuples, elle avait réussi à faire main basse sur leurs richesses. Elle s'explique aussi par le fait que ces pays avaient réussi à inculquer à leur propre peuple l'amour du travail. C'est ce qui explique les trente glorieuses qui constituent la base de la prospérité de l'Europe moderne. Et comme l'affirmait un penseur : "sans ce travail des esclaves, le monde moderne n'existerait pas". Il y a deux siècles, lorsque la France était encore rurale et majoritairement agricole, les enfants accompagnaient leurs parents dans les travaux du champ et s'organisaient pour concilier ce statut de petit travailleur avec celui d'écolier. Et même aujourd'hui lorsqu'on visionne les documentaires tournés dans l'arrière pays, on constate que les enfants des fermiers commencent très jeunes à traire les vaches ou du moins à tenir la récipient pendant que leurs parents sont en train de traire la vache. Personne n'a jamais relevé le fait que ces enfants étaient exploités par leurs parents.
Maintenant, si l'on veut parler du travail qui porterait atteinte à l'intégrité physique de l'enfant, il faudrait lui adjoindre l'épithète "dangereux". Et à ce titre, en dehors des cas marginaux de personnes sans scrupules qui soumettent souvent des enfants aux travaux dangereux pour des raisons de cupidité et d'autres que nous ne pouvons expliquer, très peu de parents peuvent ainsi exposer leurs enfants et compromettre leur avenir à cause d'un travail pénible qu'ils leur auraient imposés. Et le croire absolument, participe de cette démarche et de cette volonté d'infantilisation des Africains : un peuple à qui on doit tout apprendre, y compris à prendre soin de leur progéniture. Je suis un amoureux des documentaires sur la nature et je constate souvent que même les canards sauvages s'occupent bien de leur progéniture sans qu'on vienne leur faire des cours là dessus. Dans l'organisation de la société africaine, chaque enfant trouve toujours travail à sa taille et à sa force. Dans cette société là, le travail domestique qui recouvre des tâches telles que, faire la cuisine, les achats, le nettoyage, la lessive, la collecte de l'eau, s'occuper des enfants, est un précieux outil de socialisation pour les jeunes. Le ménage africain se caractérise par sa grande taille, par le grand nombre et la pénibilité de certaines de ses tâches. Dans un foyer moderne qui se caractérise par sa taille nucléaire, le volume des tâches domestiques est non seulement réduit mais ces tâches sont aussi automatisées et moins pénibles du fait du modernisme. Il est donc plus facile d'épargner les enfants de toutes ces tâches. Aussi en France par exemple on voit des enfants qui ne s'occupent que de réviser leurs leçons et jouer à des jeux vidéo alors que leurs parents leur font à manger, lavent et repassent leurs vêtements, astiquent la maison… Tel n'est pourtant pas le cas pour un ménage rural où les tâches sont plus pénibles et nombreuses du fait de la taille du ménage. Il est donc loisible d'associer les enfants à l'accomplissement de certaines tâches à leur taille sans que cela soit assimilé à de l'esclavage. Ils doivent apporter leur contribution parce que seuls, les parents n'y arriveront jamais malgré leur bonne volonté. Je dois donner ici rapidement le programme de ma mère lorsque j'étais tout petit : elle rentrait de la plantation généralement à 17 heures.

Et aussitôt, elle s'attelait à la préparation de la nourriture du soir. Pendant que nous mangions, elle s'attelait aussi à la préparation de la nourriture du lendemain et elle finissait la préparation généralement très tard le soir. Elle se couchait donc après nous et se réveillait généralement à 5 heures du matin pour mettre au feu la nourriture de la journée que nous devions manger aux environs de 7 heures avant d'aller à l'école. Imaginez qu'en même temps, elle devait aller puiser de l'eau, qu'elle devait aller chercher du bois de chauffe, qu'elle devait aller moudre le maïs. Ces autres tâches, nous les prenions à notre compte au moins pour la soulager. Et comme je l'ai dit par ailleurs, dès l'âge de 4 ans, j'avais ma calebasse pour aller chercher de l'eau.
Elle était à ma taille et elle me permettait d'être utile à ma famille. En dehors de certaines matinées où il faisait très froid et que la rosée du matin manquait de geler mes pieds, je n'avais jamais appréhendé ce travail là comme une quelconque brimade, à fortiori de l'esclavage. Lorsque nous lui arrachions parfois toute sa nourriture, ma mère nous lançait cette question : "Doit-on mourir de famine parce qu'on a fait des enfants?" Aujourd'hui, je repose cette autre question aux abolitionnistes du travail des enfants : Doit-on crever à la tâche parce qu'on a fait des enfants? A cette question, Jean Mbarga, cacaoculteur et président de la confédération des organisations rurales pour le Cameroun, a cette réponse décapante : "Par le passé, nous utilisions des jeunes enfants et même nos propres enfants à des tâches qui pouvaient totalement hypothéquer leur avenir sans le savoir. Aujourd'hui, je préfère aller mourir seul dans ma plantation que d'y envoyer mes enfants". Paroles d'abolitionniste!

Travail et école peuvent faire bon ménage
Si l'on veut par contre parler du travail qui empêche à l'enfant d'atteindre ses objectifs scolaires, c'est que nous sommes en face d'un vrai faux problème. Ce problème est faux non pas à cause de sa non existence, il est faux parce qu'il est truffé de variables impropres qui plombent totalement sa résolution. Et les variables impropres ici sont ces amalgames qu'entretiennent les organisations internationales, les organisations gouvernementales et les Ong, et malheureusement les journalistes, entre la part acceptable du travail des enfants qui doit à tout point être encouragé, le travail dangereux des enfants, le détournement des mineurs et la soumission à l'esclavage des enfants qui doivent être combattu avec la dernière énergie. Si nous ne déployons pas cette vigilance là, nous risquons d'accepter un traitement inadapté qui, au lieu de soigner le mal repéré, contribue juste à le calmer mais ouvre par ailleurs d'autres foyers pathologiques plus préoccupants. En effet, dans le cadre d'un mémoire de fin d'étude à l'institut sous régional de statistique et d'économie appliquée, mémoire intitulé : "Travail des enfants de 5 – 14 ans et rendements scolaires au Cameroun",
Franky Fouedjio reconnaît que "le volume horaire auquel est astreint un enfant camerounais de 5 à 14 ans n'est pas intense, en moyenne deux heures par jour". Il soutient sans ambages "qu'au Cameroun, les enfants qui combinent école et travail sont autant assidus à l'école que leurs homologues élèves à plein temps et ont même plus de chances de réussir que ces derniers". D'ailleurs, soutient-il, "le fait de travailler n'empêche pas l'enfant de réussir à condition que le nombre d'heures consacrées au travail par ce dernier ne dépasse pas un certain seuil". Il s'agit dès lors d'un problème de proportion et de la nature du travail des enfants. Il faut, comme le propose Fouedjio, "une détermination du seuil d'heures hebdomadaires au dessous duquel le travail des enfants de 5 – 14 ans ne nuit pas à leur rendement scolaire". Sinon nous courons tout droit dans nos pays africains vers la formation d'une jeunesse fainéante, oisive et finalement dangereuse pour elle-même et pour le reste de la nation.

Pour corroborer cette analyse de Fouedjio, nous devons chacun au moins relever dans nos familles africaines ou dans notre entourage proche, les cas de ces enfants élevés par les grands-mères ou par des mères gâteuses, qui tout jeunes, ne faisaient jamais aucun travail dans la maison et dont les travaux étaient souvent dirigés vers leurs frères et soeurs mal aimés. Il faut constater aujourd'hui que la plupart de ces enfants gâtés là ont raté leur vie, incapables comme ils sont à surmonter la moindre difficulté. Et qu'à coté, ceux qui ployaient sous le poids des travaux ménagers ont réussi la leur et ont depuis longtemps oublié les souffrances de la jeunesse. Ne dit-on pas que la souffrance est la meilleure école de la vie d'un Homme? C'est certainement en tenant compte de cette réalité que l'Oit a accepté de mettre un peu d'eau dans son vin et "reconnaît que conformément à la tradition (africaine), les enfants doivent assister et aider leur famille mais à condition d'être exemptés des tâches pénibles et dangereuses, de ne pas travailler pendant de longues heures et d'avoir plus de 14 ans". Voilà qui est bien circonscrit. Maintenant, allons y voir les raisons qui poussent les parents à vouloir compléter le biberon de leurs enfants par un travail quelconque.


Pourquoi les enfants travaillent? Ils travaillent parce qu'il en est du travail comme de la forge. Parce que c'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en travaillant dès son jeune âge, bien sûr en faisant des travaux à sa taille, que l'enfant, devenu adulte, sera un travailleur assidu. Lorsqu'à 3 ans un enfant peut déjà apporter un verre d'eau à boire à son père, il pourra facilement transporter un seau d'eau dans un chantier et tourner le béton pour gagner sa vie. Il pourra facilement transporter l'équivalent de 20 litres d'eau pour arroser son jardin potager, vendre le fruit de sa récolte pour subvenir à ses besoins. Les enfants travaillent aussi parce que la crise a fait exploser les cellules familiales et limiter considérablement les capacités des parents à subvenir aux besoins de leurs enfants. Ainsi, un enfant de 10 – 12 ans peut bien transporter un régime de banane plantain au marché et le vendre pour compléter sa scolarité. Sans épithète "dangereux", le groupe de mot "travail des enfants" ne devrait rien avoir de péjoratif car, comme le soutient Fouedjio, "le travail des enfants n'est nocif que lorsqu'il détourne l'enfant de l'école ou bien joue négativement sur son assiduité scolaire et par là même sur son rendement scolaire".

Au lieu donc de faire dans l'incantation qui consiste à agir sur les conséquences du mal comme s'y essayent les organisations internationales, il faut avoir une démarche systémique consistant à agir sur les facteurs qui encouragent le travail des enfants et qui d'après Béatrice Fri Bime, coordonnateur local de l'Oit au Cameroun, "sont toujours là". Et ces facteurs là résultent des mauvaises politiques d'ajustement et de relance économique menées en Afrique par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Au lieu donc de regarder de ce coté là, l'Oit et ses affidés blâment la victime qu'est le petit peuple camerounais qui se démène pour ne pas sombrer.

Au terme de son mémoire, Fouedjio donne quelques éléments de discernement qui permettent de séparer la bonne graine de l'ivraie. Ainsi prescrit-il les actions suivantes :
  • "mettre l'accent en priorité sur la nature et l'ampleur des travaux effectués par les enfants au lieu de prohiber tout simplement le travail des enfants de 5 – 14 ans;
  • prendre en compte les besoins des familles : besoin d'argent lorsque les parents ne parviennent pas à trouver un emploi ou besoin de main d'œuvre quand ceux-ci n'ont pas les moyens de payer un tiers pour effectuer un travail pourtant indispensable dans le processus nécessaire de gagne pain. Il peut s'agir de tenir la maison pendant que les parents travaillent ou de leur prêter main forte sur leur lieu de travail. Pour obtenir que ces enfants soient effectivement scolarisés, il faudra imaginer des substituts qui leur permettront d'aller à l'école sans que cela porte préjudice à leurs parents. Il faut permettre aux enfants d'être à la fois scolarisés et travailleurs tout en veillant à la nature des travaux effectués par ceux-ci"
Voilà donc une façon de penser la complexité au lieu de traiter le problème par un seul volet en courant le risque, en voulant à tout prix sauver les enfants de ce qu'on considère comme un fléau, de pourrir tout une jeunesse justement en leur inoculant le germe de la paresse et de l'oisiveté.

Les causes et les manifestations
Je viens de passer plus de 20 jours au Cameroun et plus précisément dans mon village, le séjour le plus long que j'aie pu y passer depuis plusieurs années. J'ai pu mesurer à quel point le discours sur le travail des enfants rabâché depuis une dizaine d'années maintenant est à l'origine de l'insécurité et des autres fléaux qui étranglent le Cameroun aujourd'hui. De quoi s'agit-il? Il s'agit des jeunes adolescents qui, gonflés par le discours sur l'abolition du travail des enfants et qui veulent de ce fait demeurer des éternels enfants, se sont depuis libéré de la tutelle de leurs parents. Ils ne les accompagnent plus à la plantation comme nous le faisions il y a une trentaine d'années, ils ne vont plus au marigot leur chercher de l'eau ou à la plantations leur chercher du bois.
Bien qu'ayant atteint l'âge de 18 à 20 ans, ils laissent tout le poids des travaux des plantations peser sur les épaules déjà affaisser de leurs parents. Ils vivent comme des lézards. Ils passent les journées à la maison à recevoir des copines et se transmettent le sida comme avant, leurs aînés se retrouvaient pour s'échanger les fascicules scolaires. S'ils vont parfois dans les plantations, c'est pour récolter le chanvre indien qu'ils cultivent, consomment et vendent le surplus de production pour s'acheter les fringues pour frimer. Ils se baladent avec deux téléphones portables entre les mains et les écouteurs aux oreilles.
Et ceci, même dans les régions où il n'y a pas de réseau GSM. La nuit, ils se retrouvent pour boire à bouche que veux-tu. Ils organisent généralement des braquages dans des maisons et font régner la terreur dans les villages. Les populations connaissent leur refrain : "argent portable" qu'ils reprennent lorsqu'ils atterrissent dans une maison soit en fracassant la porte, soit en s'infiltrant par la toiture ou tout simplement en intimant l'ordre à leur victime d'ouvrir eux même la porte : "J'étais endormi lorsque j'ai entendu un bruit assourdissant. Je me suis réveillé pour comprendre ce qui se passe. C'est alors que quelqu'un m'a ébloui avec une lampe torche. Il m'a montré le bout de son arme. J'ai bien vu, c'était une Kalachnikov.
J'ai reconnu parce que j'avais fait la formation militaire. Il m'a demandé de lui donner l'argent que j'avais à la maison et de collecte tous les portables de la maison. Je venais de rentrer de Yaoundé où j'ai touché mes primes d'avancement. J'avais encore 180 000 F CFA dans la poche de ma veste. J'ai compris qu'il était parfaitement renseigné et je n'ai pas résisté. Je lui ai donné ainsi que mon portable, celui de ma femme et celui de mon fils. Au salon, j'avais mon téléviseur et quelques DVD, il a demandé à ses acolytes de prendre les DVD et il a dit que le téléviseur était encombrant", nous raconte Gérard, un fonctionnaire des Eaux et Forêts qui subissait là son troisième braquage en l'espace de deux ans.

A Dschang j'ai été meurtri en apprenant de plusieurs témoignages que les étudiants étaient mêlés à ces braquages : "Les étudiants ont très mauvaise presse ici. Ce sont d'abord des mendiants. Pendant la période des funérailles, ils portent les sacs à dos, parcours les lieux de réception pour dévaliser les buffets. Ils sont aussi des braqueurs. Ce sont eux qui braquent généralement dans les mini cités. Dans certaines mini cités, on avait mis sur pieds un stratagème en disant que lorsqu'il y a cri au braquage, les étudiants doivent sortir vêtu de chemise blanche et tenant en main une fourchette. Mais lorsque le cas est arrivé, ils sont tous sortis mais on n'a pas remarqué une présence intruse. Ce qui veut dire que le braqueur est un étudiant" raconte Pascal, un gestionnaire de mini cité. Qu'est ce que cela veut dire? Cela veut dire que la misère combinée au discours irresponsable qui a éloigné les enfants du goût du travail a poussé l'étudiant camerounais, c'est-à-dire l'élite de demain, à s'adonner aux postures aussi détestables que celle de braqueur pendant que les filles se livrent impunément à la prostitution.

Lorsque j'ai voulu raisonner certains jeunes en leur faisant comprendre comment il était impératif pour les jeunes d'aider leurs parents et d'ailleurs de travailler pour se libérer, on m'a très vite dissuadé de m'engager dans cette opération qui pourrait être périlleuse pour moi. On m'a ainsi cité les noms des parents qui ont été soit tout simplement assassiné ou sérieusement malmené par des gangs dans lesquels opéraient leurs propres progénitures. En France, c'est connu et c'est très encouragé le fait que les élèves et les étudiants concilient absolument travail scolaire et petits travaux devant leur permettre d'avoir de quoi subvenir à leur besoin. Et cela n'a aucune incidence négative sur leur parcours de vie.

Aujourd'hui, c'est avec fierté que le président Nicolas Sarkozy décline son statut de vendeur de fleur ou encore de livreur de pizza lorsqu'il était étudiant. D'autres personnalités aujourd'hui respectables ont été pendant leur parcours universitaire, veilleur de nuit, vendangeur, concierge… Au lieu de familiariser notre jeunesse à ce mode de vie, on les engage dans des combats oiseux qui ferment leurs horizons et hypothèquent complètement le développement de l'Afrique.

J'ai encore frais en mémoire la rencontre quelque peu heurtée que j'eue avec un petit neveu d'à peine 14 ans. J'étais en train de distribuer de la boisson alcoolisée aux personnes qui étaient venues me rendre visite et m'assister dans les préparatifs des funérailles pour lesquels j'avais fait le déplacement. Lorsque je suis arrivé sur ce gamin, que je n'avais jamais vu parce qu'il n'étais même pas né lorsque j'avais quitté le village, je l'ai sauté en lui disant qu'il était trop petit pour prendre de l'alcool et que je m'arrangerais pour qu'on lui trouve une boisson gazeuse. Il m'a regardé méchamment sans rien dire et j'ai cru apercevoir du sang dans son regard. Il avait un regard d'adulte et pas de n'importe quel adulte. Je n'ai pas l'habitude par respect et de par mon éducation à porter des jugements sur les gens. Mais le cas de cet enfant m'a amené à enfreindre à ma propre loi. Et ceci, plus par amour pour lui que par autre chose.

Il est mon neveu et il aurait pu être mon propre fils. A le regarder, il avait l'air un peu trop abîmé pour son âge. Il était comme un chat sauvage : il avait le visage couvert de bouton, les cheveux ébouriffé et la mise pas du tout soignée. Cela se voyait que depuis quelques jours, il n'a pas laisser couler l'eau sur lui. Je n'avais même pas eu le temps de réfléchir sur son cas que mon frère m'a conseillé discrètement de lui donner cette boisson qu'il réclamait, bien que alcoolisée : "ce n'est pas ton problème qu'il prenne de l'alcool ou pas, donne le lui et tu quittes derrière les problèmes", m'a dit mon frère. Ce que j'ai fait, compte tenu de tout ce que j'ai relevé. Plus tard dans la soirée du même jour, lorsque j'ai vu ce gamin aligner et vider les bouteilles de bière, j'ai compris que je n'y étais pas du tout et que j'avais encore des choses à apprendre de cet environnement nouveau qui a pris place dans nos villages jadis si paisibles.

J'ai compris que le modernisme, ce n'était pas simplement, comme on veut nous faire croire, toutes ces choses matérielles qui rendent la vie moins pénible, c'était aussi une nouvelle structure mentale qui encense l'autodestruction de l'eau et de son environnement. J'ai compris que dans son regard, mon petit neveu qui se déploie dans une planète désormais bien différente de la mienne, devait avoir sérieusement pitié de moi. Pitié parce qu'en voulant prendre des impasses pour des issues de secours, c'est moi qui court le risque de périr dans l'incendie qui embrase nos pays depuis quelques années et dont nous sommes en droit de démasquer la main qui l'a allumé et qui l'attise.

Le piège du modernisme
Beaucoup de personnes qui ont embarqué aujourd'hui dans les caravanes des abolitionnistes du travail des enfants ignorent parfois des tenants et des aboutissants de cette entreprise bonhomique. Dans cette affaire, les couches populaires de la population, celles qui en toute bonne foi veulent mener une vie paisible sont pris dans un double piège. D'abord au niveau international et ensuite au niveau national.
Au niveau international, les instances en charge de l'élaboration des conventions privilégient les standards occidentaux pris comme étalon de vie pour le reste de la planète. Et pourtant la marche du monde aujourd'hui nous donne des raisons de douter d'une telle approche. Ceci revient à faire entrer presque aux forceps les autres sociétés et surtout la société africaine dans la modernité au mépris total de leurs réalités. Il s'en suit une inadaptation criarde de l'imposition des lois internationales conçues pour des sociétés dites modernes, urbanisées et individualistes et imposé aux sociétés communautaires, agricoles. En France par exemple, les banlieues ont été soumises à ce modèle de l'enfant roi qui ne doit aucunement s'occuper des travaux domestiques et dont les parents ont été transformés en domestiques pour leur compte. A ce jour, les ravages sont incommensurables. Un jour, mon fils qui a à peine 7 ans et à qui j'apprends déjà le fait de laver parfois son assiette lorsqu'il a fini de manger, de retour de l'école, m'a posé une question complètement hors contexte. Et j'ai compris qu'il était sous l'emprise de ce discours sur le travail des enfants. Il m'a demandé ceci : "Papa, lorsque tu avais mon âge qu'est ce que tu faisais à la maison comme travail?". Alors, j'ai pris mon temps pour lui raconter une partie de mon enfance sans rien ajouter ni retrancher. Je lui ai dit ceci : "Lorsque j'avais ton âge, je fréquentais à 6 kilomètres de la maison. Je devais parcourir trois kilomètres de pistes et trois kilomètres de routes carrossables où à tout moment, je manquais de me faire écraser par une voiture et où, je devais souffrir la poussière pendant la saison sèche et me faire éclabousser pendant la saison pluvieuse. Chaque matin, pendant la saison de récolte de café, je devais avant d'aller à l'école, trier l'équivalent d'un saut de deux litres de café que mes aînés sont allés eux laver au marigot dès le lever du jour.

A midi, lorsque je revenais de l'école, je devais m'arrêter à la plantation et après avoir mangé rapidement mon repas de midi, je devais aussi cueillir l'équivalent de deux litres de cerises de café. Je m'occupais ainsi de soulager les branches les plus basses de leur fruit. Le soir, de retour de l'école, je devais en compagnie des enfants de mon âge, ramasser tous les grain de café tombés dans la cour. Tout ce travail était pour le compte de mon père. Pour le compte de ma mère, je devais aller chercher l'eau au marigot avec une calebasse de 2 litres. Et gare à moi si elle se brisait, j'avais droit à une bonne fessée.
Le week-end, entre deux jeux, je devais aller chercher du bois de chauffe", lui avais-je raconté. Lorsque j'avais fini, il m'a regardé et m'a posé cette question qui avait aussi tout l'air d'une exclamation : "Tu as fait tout çà?!" Je lui ai répondu par l'affirmative. Et il n'a plus jamais évoqué le sujet. Depuis, il se propose lui-même de s'adonner à certains petits travaux de la maison. Je sais que, s'il continue comme çà, il réussira dans sa vie.
Dans un premier temps en France, le fait de dresser les enfants contre leurs parents était une façon de punir les familles immigrées toujours trop nombreuses. Conduits plusieurs fois dans les commissariats et condamnés dans les tribunaux sur dénonciation des assistantes sociales, les parents qu'on accusait de maltraitance et autres, ont lâché du lest et ont encaissé l'humiliation. Ils ont laissé leur liberté aux enfants libérés. Aujourd'hui, ces enfants, devenus adultes et orientés dans les lycées professionnels ou en déperdition scolaire, ne savent souvent rien faire et ne veulent rien faire. Ayant parfois pris conscience du piège dans lequel ils ont été pris, ils s'en prennent à la France. Ils ont pris les banlieues en otage et dicte leur loi. Ils disent vouloir "niquer" la France jusqu'à ce qu'elle se soumette. Dans leur démarche, les organisations internationales, abolitionnistes du travail des enfants, veulent faire des pays africains, une sorte de banlieue du monde dit développé. Nous devons refuser cela.à

Au niveau national de chaque pays, les divers dysfonctionnements dans le système démocratique engendrent une mauvaise représentation populaire et font que les lois nationales sont d'abord calquées sur les conventions internationales dont nous avons relevé l'inadéquation par rapport aux réalités africaines. Ces lois sont élaborées finalement en référence aux réalités vécues par la classe aisée et occidentalisée de la population. Une classe qui dans la plupart des pays représente à peine 10% de la population. On note ainsi la volonté de faire de l'école occidentale l'unique forme de socialisation acceptable et surtout dans l'exclusion de toutes les autres formes qu'il faut même au besoin combattre. Ce qui représente une incongruité dans un pays qui reste à 80% agricole. Quel mal y a-t-il pour un jeune, fils de vigneron, de maîtriser la profession de son père en même temps qu'il assimile l'école occidentale?
Il faut noter aussi le fait que les organisations internationales, du fait qu'elles ont parfois en face une administration nationale complètement clochardisée et truffée parfois d'experts en mal de patriotisme, interfèrent parfois grossièrement dans l'élaboration des politiques publiques en instrumentalisant aussi bien ces experts au sein des ministères que les parlementaires au sein de l'Assemblée nationale et même curieusement certains Ong plus portés à s'enrichir qu'à défendre les intérêts des couches les plus vulnérables de la population. Un pays n'acquiert son indépendance intégrale que lorsqu'il comprend dans son élite, des hommes et femmes capables de résister. Des patriotes qui doivent refuser de tout brader quoi que cela leur coûte. Les pays qui se sont libérés sont ceux qui comptent parmi leurs experts, des hommes et des femmes qui liront les conventions internationales non pas comme les enfants lisent des livres de compte. Mais qui les lisent en ayant conscience que ces textes peuvent n'être qu'un cheval de Troie pouvant dissimuler des "armes de destruction massives" pour leur peuple.
Dans la plupart des pays d'Afrique malheureusement, on assiste de plus en plus à la formation des pouvoirs oligarchiques constitués autour d'une élite fortement occidentalisée, "prébendière" et couarde plus portée à satisfaire les intérêts de la puissance colonisatrice d'abord, les leurs propres ensuite au lieu de satisfaire ceux des couches populaires du pays. Le résultat c'est que, près de 90% de la population se trouve exclu du processus d'élaboration des lois devant les administrer. Rejetée, cette population se referme sur elle-même et se suicide en suicidant la pays.
Etienne de Tayo
Promoteur "Afrique Intègre"


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FEDERATION INTERNATIONALE DROIT DE L'HOMME

La FIDH est une organisation non-gouvernementale fédérative
dont la vocation est d'agir concrètement pour le respect de tous les droits humains.
Elle s'appuie sur la Déclaration universelle des droits de l'Homme et sur les autres instruments internationaux de protection de ces droits.
La FIDH a été créée en 1922 par quelques ligues de défense des droits humains. Elle en fédère aujourd'hui 155 dans 100 États. Elle coordonne et soutient les actions de ses ligues et leur apporte un relais sur
le plan international. La FIDH et les ligues qui en sont membres sont non-partisanes, non-confessionnelles et indépendantes de tout gouvernement.
Leur vocation est généraliste : elles défendent tous les droits humains, les droits civils et politiques, indissociables des droits économiques, sociaux et culturels. Elles agissent au quotidien, dans leur pays,
afin de lutter contre les violations des libertés et des droits fondamentaux. 

ALVF ASSOCIATION DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES AUX FEMMES


Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes - ALVF
Sept camerounaises féministes, conscientes de la recrudescence des violences faites aux femmes dans notre environnement, de l'impunité des agresseurs, de la complicité de la société et de l'impuissance des victimes.

Signes particuliers :
Association féministe, non mixte, non gouvernementale, non partisane, à but non lucratif, un parti pris de femmes contre les violences faites aux femmes et aux jeunes filles.

Sa philosophie :
L'ALVF affirme que tout acte que nous posons dans notre vie, que ce soit en privé ou en public, est un acte politique. L'ALVF vise à promouvoir « l'autre parole, l'autre pouvoir » en vue d'une société harmonieuse.

Sa politique :
Mettre la femme au Centre du questionnement.

Sa mission :
Eliminer toutes les formes de violences dont les femmes et les filles sont victimes dans tous les espaces (privés, publics, politiques) au Cameroun.

Ses objectifs :
    * Combattre l'intériorisation des valeurs patriarcales qui perpétue les violences faites aux femmes ;
    * Promouvoir un statut social équitable ;
    * Promouvoir des valeurs humaines positives qui prennent en compte la différence des deux sexes ;
    * Participer à l'instauration d'une société non violente.

Fonctionnement de l'Association
Ses stratégies :
    * Conscientiser des femmes sur leurs conditions spécifiques d'opprimées, les valeurs et facteurs patriarcaux qui perpétuent cette oppression ;
    * Développer chez la femme un sentiment personnel d'identité, d'esprit de changement social et de participation active à ce changement ;
    * Conscientiser les hommes et les femmes sur la nécessité de combattre les violences ;
    * Apporter une aide directe aux femmes victimes de violences.

Activités :
    * Sensibilisation du public sur les violences faites aux femmes
    * Education des victimes à l'utilisation des structures compétentes et des outils appropriés de protection contre la violence vécue ;
    * Education de la victime en matière de ses droits ;
    * Etudes – Recherches sur les violences faites aux femmes ;
    * Encadrement et suivi des femmes victimes de violences ;
    * Formation des groupes en Violences Basées sur le Genre (VBG) ;
    * Formation des intervenantes et intervenants sociaux en intervention féministe.

Structures : L'ALVF dispose de quatre (4) Antennes basées dans les provinces suivantes : Centre, Extrême Nord, Littoral, et Ouest. Leurs rôles :
    * Veiller sur l'idéologie et la politique de l'ALVF ;
    * Développer des programmes.

Chaque Antenne dispose de différentes structures. En priorité chaque antenne dispose d'une structure d'aide directe aux femmes victimes de violences, appelée Centre Vie de Femmes (CVF), basée dans les villes suivantes :
Province du Centre : Yaoundé
Province de l'Extrême Nord : Maroua
Province du Littoral : Douala
Province de l'Ouest : Bafoussam

Les autres structures :
    * 2 Centres de Documentation dans les villes de Yaoundé et Maroua ;
    * 1 Centre de Conseil et d'Ecoute de Santé Reproductive pour les Adolescents (es) et les Femmes (CESRAF), à Yaoundé ;
    * 1 Centre d'information et d'éducation des femmes à Kousséri.
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EXPLOITANTS FORESTIERS ABUS CAMEROUN

Ngolle Ngolle dénonce les exploitants forestiers nationaux
[Yaoundé - Cameroun] - 23-06-2008 (Justin Njeutchou)
Depuis la publication du rapport des Amis de la Terre contre la gestion forestière au Cameroun, un certain nombre d'exploitants forestiers se sont levés pour dénoncer ce qu'ils estimaient être une cabale contre le Cameroun. Au nombre de ceux-ci, le député Roger Nkodo Dang qui est le président du Syndicat des Exploitants Forestiers du Cameroun. Lors de sa sortie médiatique de vendredi 13 juin dernier, Le ministre des Forêts et de la Faune, dans sa fuite en avant, a contredit ces exploitants locaux de bois.
Depuis de nombreuses années, bien avant que le rapport de l'Ong française Les Amis de la terre ne prenne à partie le gouvernement du Cameroun dans sa gestion de la partie de la forêt du bassin du Congo qui lui revient, maintes voix se sont élevées pour dénoncer le pillage systématique de cette forêt. Le rapport mentionné supra est venu seulement apporter plus de précision sur une situation déjà fort préoccupante. C'est ce que rapportait l'article du journal Le Monde qui épinglait le gouvernement camerounais. D'après cet article, l'ampleur réelle de la pagaille dans cette gestion forestière est difficile à évaluer. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'Union européenne négocie actuellement avec le Cameroun un accord pour obtenir des garanties sur la traçabilité des marchandises achetées. Cet accord, baptisé Flegt (Forest Law Enforcement, Governance and Trade), s'inscrit dans le cadre d'un partenariat pour la préservation des forêts du bassin du Congo. Le Cameroun est le premier pays à s'être porté volontaire. Nous bouclerons les négociations avec Bruxelles d'ici à la fin de l'année, affirmait récemment Denis Koulagna Koutou, secrétaire général du ministère des forêts. Mais que vaut la signature de l'Etat camerounais ? Nous avons dépensé beaucoup d'argent dans le secteur forestier. Si la corruption n'est pas sanctionnée, nous nous retirerons, met en garde un diplomate occidental, sous couvert d'anonymat.

ImageDepuis le mois de mai, alors qu'on attendait des autorités camerounaises qu'elles saisissent la mesure des dysfonctionnements dans cette gestion et prennent des dispositions idoines pour y mettre un terme, un certain nombre de syndicats d'exploitants locaux de bois et assimilés, se sont démenés à travers la presse et les ondes radio et télévision pour dénoncer ce qu'ils appelaient le complot contre le Cameroun. Ces individus qui, au nom d'on ne sait quoi, se sont levés depuis la publication du rapport des Amis de la Terre, affirmaient haut et fort réfuter les accusations de pratiques illégales et de corruption des Amis de la Terre sur la forêt camerounaise.
Au nombre de ces avocats du diable, l'on peut citer en bonne place , le député Roger Nkodo Dang qui est le président du Syndicat des Exploitants Forestiers du Cameroun. Ce dernier s'est offusqué du récent rapport des Amis de la Terre" sur le trafic de bois illégal qui prospère au Cameroun. Car, pour ce député, l'exploitation forestière se fait dans un cadre légal et dans la transparence au Cameroun. M. Nkodo Dang n'est pas passer par quatre chemins pour taxer la sortie des Amis de la Terre de complot des exploitants français face aux petits exploitants nationaux souvent sans gros moyens. Trop facile quand même.
Le deuxième défenseur de la bonne gestion des forêts au Cameroun est un certain Wandja Zacharie qui dit être président de l'Association nationale des forestiers négociants et transformateurs des bois du Cameroun (ANEFTBC). Le 9 juin 2008, ce monsieur a venté tous les efforts remarquables que le gouvernement fournit au quotidien pour éviter une exploitation anarchique de nos ressources forestières.

On peut comprendre la mobilisation de tout ce beau monde pour caresser le gouvernement dans le sens du poil afin de continuer à être bien vu dans les arcanes du ministère de la forêt et de la faune. Malheureusement pour eux, le ministre Ngolle Ngolle en personne les a désavoués lors de sa rencontre avec la presse vendredi dernier en disant haut et fort que : Le vrai problème se situe au niveau des petits titres et selon la loi camerounaise, ceux-ci reviennent aux exploitants d`origine camerounaise.
Ceux-là qui croyaient donc bien faire en trouvant des boucs émissaires ou en caressant le ministre des forêt dans le sens du poil pour, peut-être se garantir encore plus de facilités dans ses services, ont reçu un véritable affront de celui pour qu'ils essayaient de blanchir.
Elvis Ngolle Ngolle, qui a eu peur de s'attaquer aux grandes compagnies forestières qui pillent la forêt camerounaise, a estimé que la gangrène de l'exploitation forestière au Cameroun était un fait des nationaux. Un véritable affront pour les responsables des syndicats nationaux et les affidés qui ont été livrés à la vindicte par leur ami.

16 sociétés forestières suspendues pour exploitation illégale
CAMEROUN - 21 mars 2008 - XINHUA
Le ministre camerounais des Forêts et de la Faune Elvis Ngolle Ngolle a suspendu jeudi soir 16 sociétés exerçant dans l'exploitation du bois au Cameroun pour non justification de l'origine de leurs bois, a-t-on appris ce vendredi matin sur la radio nationale du Cameroun.
Un communiqué du ministère précise que d'autres suspensions vont suivre. Le ministère avait sanctionné 27 opérateurs pour des motifs similaires en février dernier.
L'Etat du Cameroun milite en faveur de l'exploitation durable des forêts depuis 2004 en collaboration avec des Ong internationales et les bailleurs de Fonds.

Selon les sources citées par la radio nationale, sur 90 exploitants signalés dans ce pays, près de 50 opérateurs évoluent dans la clandestinité.
L'exploitation illégale de la forêt cause un préjudice de 80 milliards de Fcfa (environs 160 millions de dollars) par an à l'Etat du Cameroun mais les pénalités verser à l'Etat n'atteignent pas 5 milliards de Fcfa, selon l'Ong Britannique Global Witness.
Le Cameroun dispose du second massif forestier d'Afrique avec 18 millions d'hectares de forêt dense exploitable, soit 40% de la surface du pays. Cette même forêt représente 10% du produit intérieur brut et 20% aux recettes d'exportation.

INFOS DU MOIS

Cameroun : des experts juridiques de 13 pays approfondissent leurs connaissances du droit international humanitaire
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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) organise une table ronde sur le droit international humanitaire coutumier à Douala (Cameroun), les 12 et 13 octobre prochains.
Des représentants des ministères de la Défense, des Affaires étrangères et de la Justice, et des milieux universitaires de 13 pays d'Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Côte d'Ivoire, Gabon, Mali, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Sénégal et Togo) participeront à cet atelier.
« Aujourd'hui, la plupart des conflits armés sont à caractère non international. Or, le droit international humanitaire coutumier vient compléter le droit conventionnel dans ce genre de situations », explique Jean-Jacques Tshamala, chef de la délégation régionale du CICR pour l'Afrique centrale. « Nous espérons que cette table ronde permettra aux participants d'approfondir leurs connaissances en la matière pour assurer une meilleure protection aux victimes des conflits armés. »
C'est la première fois qu'un atelier régional sur le droit international humanitaire coutumier est organisé en Afrique francophone subsaharienne. Avec l'aide d'experts externes et du CICR, les participants examineront notamment des questions liées à la conduite des hostilités lors de conflits armés non internationaux et à la protection des personnes déplacées.
« Cette table ronde n'est qu'une étape d'un long chemin à parcourir, ajoute M. Tshamala. Mieux faire connaître les règles du droit international humanitaire coutumier et conventionnel est important, mais ce n'est pas suffisant. Pour le CICR, l'objectif final est que ces règles soient mieux respectées. C'est le rôle et le devoir des États comme de tout belligérant. »
Le CICR mène depuis plusieurs années un travail de recherche en droit international humanitaire coutumier ainsi que des activités de promotion de cette branche du droit. En 2005, il a publié une étude exhaustive qui met en évidence 161 règles coutumières garantissant une protection juridique aux personnes touchées par la guerre. Depuis cette année, une base de données (en anglais) régulièrement actualisée et complétée peut être consultée gratuitement sur le site de l'institution. Les participants à l'atelier seront invités à contribuer à la mise à jour de cette étude en 2011.
Informations complémentaires :
Vincent Pouget, CICR Yaoundé, tél. : +237 99 41 59 45 ou +237 99 41 65 79
Nicole Engelbrecht, CICR Genève, tél. : +41 22 730 2271 ou +41 79 217 32 17

Communication de la L.C.D.H. à propos de la commémoration des tueries en février 2008 au Cameroun http://africa.smol.org/files/lcdh-cpress295.pdf

bilan des activités de la Commission en 2009 et de son plan d'action pour l'année 2010 http://fr.allafrica.com/stories/201001280773.html


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